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Hongrie : le reporting des reçus élargit les obligations de transmission à la NAV

26.10.26
Reporting fiscal en Hongrie
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Reporting fiscal en Hongrie : le reporting des reçus élargit les obligations de transmission à la NAV

Le 1er septembre 2026 marque une nouvelle étape dans le reporting fiscal en Hongrie.

Depuis plusieurs années, la Hongrie figure parmi les pays européens les plus avancés en matière de transmission électronique des données de facturation. Avec son système Online Számla, l’administration fiscale hongroise, la NAV (Nemzeti Adó- és Vámhivatal), dispose déjà d’une visibilité importante sur les factures émises par les entreprises.

Mais le dispositif va désormais plus loin.

Depuis le 1er septembre 2026, les données des reçus manuscrits et des reçus générés informatiquement doivent également être transmises à la NAV.

Cette évolution illustre une tendance européenne majeure : la digitalisation de la TVA ne concerne plus uniquement la facture électronique. Elle s’étend progressivement à l’ensemble des données transactionnelles.

Du e-invoicing au reporting des transactions

La Hongrie a déjà une longue expérience de la transmission électronique des données de facturation.

Le système Online Számla permet à la NAV de recevoir électroniquement les données relatives aux factures concernées. Cette logique permet à l’administration fiscale de disposer d’informations beaucoup plus rapidement qu’avec un système fondé uniquement sur les déclarations périodiques.

Le changement introduit en septembre 2026 élargit cette logique.

Les entreprises doivent désormais transmettre également les données des reçus manuscrits et des reçus générés par ordinateur qui ne sont pas déjà transmis automatiquement par les systèmes de caisse concernés.

L’objectif est notamment de permettre à la NAV de disposer d’une vision plus complète des ventes documentées par un reçu.

Que change concrètement le 1er septembre 2026 ?

Depuis le 1er septembre, les données des reçus concernés doivent être transmises à la NAV.

La transmission doit intervenir dans les trois jours calendaires suivant l’émission du reçu. Les données sont transmises quotidiennement et agrégées par taux de TVA.

Plusieurs modalités sont prévues :

  • saisie manuelle via le Pénztárgép Portál, interface de la NAV anciennement connue sous le nom de KOBAK ;
  • transmission automatisée via une interface machine-to-machine (M2M) ;
  • utilisation d’une solution de caisse électronique permettant d’automatiser la transmission des données.

La NAV met également à disposition son application ePénztárgép, qui permet notamment de transmettre automatiquement les données concernées.

Une évolution importante pour les entreprises

À première vue, le changement peut sembler limité aux entreprises qui utilisent encore des reçus papier ou des solutions informatiques ne transmettant pas automatiquement leurs données.

En réalité, le sujet est beaucoup plus large.

Il pose une question fondamentale : quelles données de vente votre système est-il capable de capturer, structurer, contrôler et transmettre à l’administration fiscale ?

Cette question concerne directement les systèmes de caisse, les logiciels de facturation, les ERP et les interfaces entre les différents systèmes financiers.

La conformité fiscale devient ainsi de plus en plus dépendante de la qualité et de la disponibilité de la donnée dans le système d’information.

La facture n'est plus la seule donnée fiscale à surveiller

L’évolution hongroise est particulièrement intéressante car elle illustre un changement de paradigme.

Pendant longtemps, la digitalisation de la facturation consistait principalement à remplacer le document papier par un document électronique.

Aujourd’hui, l’enjeu est différent.

L’administration fiscale cherche à disposer de données structurées, exploitables et transmissibles rapidement, voire automatiquement.

La facture électronique n’est donc plus qu’une composante d’un système plus large de digitalisation de la TVA et de reporting transactionnel.

Cette évolution se retrouve dans plusieurs pays européens, avec des architectures et des calendriers différents.

Un enjeu directement lié à l'ERP

Pour les entreprises opérant en Hongrie, la mise en conformité ne doit donc pas être traitée uniquement comme un projet fiscal.

Elle implique également le système d’information.

Plusieurs questions doivent être posées :

  • Les données nécessaires sont-elles disponibles dans l’ERP ou le logiciel de caisse ?
  • Les différents types de justificatifs sont-ils correctement identifiés ?
  • Les taux de TVA sont-ils correctement paramétrés ?
  • Les données peuvent-elles être transmises automatiquement à la NAV ?
  • Comment gérer les erreurs ou les transmissions qui échouent ?
  • Qui contrôle la bonne réception des données par l’administration ?
  • Comment assurer la traçabilité des données transmises et des éventuelles corrections ?

Ces questions deviennent particulièrement importantes dans les environnements où plusieurs outils interviennent dans le cycle de vente.

Le M2M : vers une automatisation complète

Pour les entreprises qui génèrent des volumes importants de transactions, la saisie manuelle n’est évidemment pas une solution durable.

Le dispositif prévoit donc une interface machine-to-machine (M2M) permettant l’automatisation de la transmission.

Fin août 2026, la NAV a publié la documentation technique ainsi que le schéma XSD nécessaires aux développeurs pour intégrer cette interface.

Cette publication marque une étape importante dans le passage à la phase opérationnelle du dispositif.

Pour les entreprises équipées d’un ERP ou d’une architecture applicative complexe, le sujet devient alors très concret : identifier le système source, déterminer les données à transmettre, construire ou adapter l’interface, puis mettre en place les contrôles permettant de sécuriser les échanges.

 

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Une période d'adaptation jusqu'à la fin de l'année

La NAV a également annoncé une période d’adaptation de quatre mois.

Jusqu’à la fin de l’année 2026, l’administration accompagne les entreprises dans la mise en œuvre du nouveau dispositif et n’applique pas de sanctions liées à cette nouvelle obligation.

Cette période de tolérance ne signifie pas que les entreprises peuvent attendre.

Elle constitue au contraire une opportunité pour :

  • identifier les flux concernés ;
  • vérifier les systèmes utilisés ;
  • contrôler la qualité des données ;
  • tester les interfaces ;
  • fiabiliser les paramétrages de TVA ;
  • former les équipes ;
  • mettre en place les contrôles nécessaires.

Les premiers jours de fonctionnement montrent d’ailleurs que le dispositif est déjà opérationnel : la NAV a annoncé avoir reçu, au cours des trois premiers jours, les données de 424 000 reçus provenant de 20 000 entreprises.

 

Source : 

Ce que la Hongrie nous apprend sur l'évolution européenne

L’expérience hongroise dépasse largement le seul marché local.

Elle montre comment les administrations fiscales européennes évoluent progressivement vers des modèles dans lesquels la donnée transactionnelle est disponible beaucoup plus rapidement.

La tendance est donc moins à la seule dématérialisation des documents qu’à la digitalisation des flux fiscaux eux-mêmes.

Moins de dépendance à la déclaration a posteriori, davantage de données structurées transmises au fil des transactions : cette évolution transforme progressivement la manière dont les entreprises doivent penser leur conformité TVA.

Pour les groupes internationaux, cela implique de ne plus considérer la conformité pays par pays comme une succession de projets isolés.

Les ERP et les plateformes de facturation doivent pouvoir gérer des exigences réglementaires différentes tout en conservant une architecture cohérente et une donnée fiscale fiable.

Que doivent faire les entreprises concernées ?

La première étape consiste à cartographier les flux.

Il faut identifier :

  1. les types de documents émis ;
  2. les systèmes qui les génèrent ;
  3. les données disponibles dans chaque système ;
  4. les données devant être transmises à l’administration ;
  5. les interfaces existantes avec la NAV ;
  6. les processus de contrôle, de correction et de suivi.

Il faut ensuite déterminer le niveau d’automatisation adapté.

Pour de faibles volumes, la saisie via l’interface de la NAV peut être envisageable.

Pour des volumes importants ou des environnements multi-systèmes, l’automatisation via une interface M2M devient un enjeu beaucoup plus important.

Mais au-delà de la seule transmission, l’objectif doit être de sécuriser l’ensemble de la chaîne : capture de la donnée → contrôle → transformation → transmission → suivi des retours → correction.

Conclusion

Le 1er septembre 2026 ne marque pas simplement une nouvelle étape de la facturation électronique en Hongrie.

Il illustre une transformation plus profonde : le passage progressif de l’e-invoicing au transaction reporting.

La question n’est plus uniquement de savoir si une entreprise peut produire une facture électronique.

Elle est de savoir si son système d’information est capable de produire, contrôler, structurer et transmettre les données fiscales issues de l’ensemble de ses transactions.

Pour les entreprises internationales, cette évolution doit être intégrée dans une réflexion plus globale sur leur architecture ERP, leurs flux de données et leur stratégie de conformité européenne.

La Hongrie constitue à ce titre un cas particulièrement révélateur : la digitalisation fiscale ne s’arrête pas à la facture. Elle s’étend progressivement à l’ensemble de la donnée transactionnelle.

Chez Deveho, nous accompagnons les entreprises dans l’adaptation de leurs systèmes ERP et de leurs processus financiers aux nouvelles exigences de facturation électronique et de reporting fiscal, en tenant compte des spécificités réglementaires de chaque pays.

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous : https://deveho.com/contact/

 

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